Du «je t’aime moi non plus» à une offensive de charme au dessein insondable, bien malin qui pourra déceler les réelles intentions des États-Unis pour l’AES.
Naguère boycotté par l’administration Joe Biden, les trois États alliés du Sahel, gérés de main de fer par des régimes militaires, semblent désormais avoir les bénédictions de l’administration Trump qui lui témoignait précédemment un mépris condescendant.
Â
Ce virage politique radical de la Maison Blanche à l’endroit de l’AES est illustré par la visite à Bamako de Nick Checker, le chef du Bureau des affaires africaines au département d’Etat américain. Exprimant le respect des États-Unis pour le Mali et ses alliés sahéliens, Nick Checker a exprimé la volonté de l’administration Trump de tracer une nouvelle voie dans la relation entre les deux pays et d’éviter les erreurs politiques du passé. Cette posture séduisante de l’imprévisible administration américaine à l’égard de l’AES peut paraître une aubaine, mais il peut tout aussi se révéler un vrai péché d’Israël.
Â
En réalité, cette main-tendue des États-Unis mérite une réponse on ne plus circonspecte de la part de l’AES pour des raisons aussi évidentes que limpides. D’une part l’approfondissement des relations entre les pays du Sahel et les Etats-Unis ne sera certainement pas du goût de la Russie, parrain originel de la nouvelle alliance confédérale; d’autre part les subterfuges géopolitiques du versatile Trump, piétinant à la fois les intérêts de l’Élysée et les ambitieux projets du Kremlin, donnent une consonance machiavélique à cette opération de charme.
Â
Sur un tout autre plan, il serait aberrant pour l’AES d’ingurgiter les belles promesses d’une puissance impérialiste et dictatoriale qui vient tout juste de procéder à la plus grande violation du droit international au Venezuela. En définitive, on ne peut être que sceptique sur le devenir de la collaboration entre une administration taxée de fasciste par ses propres gouvernés et l’AES qui se donne pour credo une révolution anti-imperialiste. En tout cas, malgré le satisfecit général exprimé pour cette situation inédite, il convient de rappeler la célèbre assertion de l’ex secrétaire d’Etat des États-Unis Henry Kissinger stipulant  » S’il est dangereux d’être l’ennemi des États-Unis, il peut être aussi fatal d’être son ami «
Seydou Diakité
Source : Le Témoin
Lire l’article original ici.










