Les nouvelles mesures concernant la responsabilité environnementale, prises par les autorités maliennes, s’inscrivent dans une réforme plus large de l’organisation administrative engagée par les autorités de transition.
Réuni en session ordinaire au Palais de Koulouba, le Conseil des ministres, présidé par le chef de l’État de transition, le général d’armée Assimi Goïta, a adopté deux projets de décret précisant le détail des compétences transférées de l’État central vers les collectivités territoriales. Les textes concernent des secteurs jugés stratégiques dans un pays sahélien confronté à des défis environnementaux, climatiques et démographiques importants.
Les décrets définissent la répartition des responsabilités entre les communes, les régions et le District de Bamako pour des domaines jusqu’ici majoritairement gérés par l’administration centrale, notamment la gestion des déchets, la prévention et la lutte contre les pollutions et nuisances, ainsi que la protection des ressources forestières et de la faune. Ils précisent également le rôle d’appui technique et de conseil que les services centraux et déconcentrés du ministère en charge de l’Environnement devront assurer auprès des collectivités.
L’adoption de ces textes découle directement de la réforme de l’organisation administrative du territoire actée par la loi du 13 mars 2023, qui a supprimé le niveau intermédiaire de collectivité territoriale appelé « cercle ». Cette suppression a entraîné une refonte des textes antérieurs régissant la décentralisation afin d’adapter le cadre juridique à la nouvelle architecture territoriale du pays.
La décentralisation constitue un chantier ancien au Mali, engagé depuis les années 1990, mais régulièrement réajusté en fonction des évolutions politiques et institutionnelles. Les autorités de transition présentent ces nouveaux décrets comme une étape destinée à clarifier les responsabilités locales et à rapprocher la gestion de certains services publics des populations.
Selon les autorités, les compétences transférées visent à améliorer l’efficacité de la gestion environnementale à l’échelle locale, tout en maintenant un rôle de coordination de l’État. La question des moyens financiers et techniques nécessaires à l’exercice effectif de ces compétences reste un enjeu central, dans un contexte où de nombreuses collectivités font face à des contraintes budgétaires.
Des réformes comparables ont été mises en œuvre dans d’autres pays, en Afrique et au-delà. Au Sénégal, la gestion de l’environnement et des ressources naturelles relève en partie des collectivités territoriales depuis plusieurs années, dans le cadre d’un processus de décentralisation visant à renforcer la gouvernance locale. En Ouganda et à Madagascar, des dispositifs similaires ont confié aux autorités locales et aux communautés un rôle accru dans la gestion des forêts et des ressources naturelles.
Hors du continent africain, le Népal est souvent cité pour son programme de foresterie communautaire, qui a transféré la gestion de vastes zones forestières à des groupes locaux, avec des résultats documentés en matière de régénération des écosystèmes et de participation communautaire. Ces expériences internationales sont régulièrement analysées par les organisations spécialisées comme des tentatives de réponse aux limites de la gestion centralisée des ressources naturelles.
Dans le cas du Mali, la réforme intervient dans un contexte de transition politique et de recomposition des politiques publiques. Elle est suivie de près par les partenaires techniques et financiers du pays, ainsi que par les organisations régionales, notamment en raison des liens entre gouvernance environnementale, développement local et stabilité dans la région sahélienne.
Les autorités ont indiqué que la mise en œuvre des nouvelles dispositions reposera sur l’accompagnement des collectivités territoriales et sur une coordination étroite entre les différents niveaux de gouvernance, afin d’assurer une application progressive et effective des compétences transférées.
MD/Sf/APA
Source : https://fr.apanews.net
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