Depuis plusieurs jours, le débat sur la performance économique du Mali pour l’année 2025 nourrit analyses, commentaires et parfois même polémiques. À l’origine : une divergence notable entre l’estimation du Fonds monétaire international (FMI), qui avance une croissance de 4,1%, et celle des autorités maliennes, qui projettent une progression de 6,1% pour la même période.

 
Bamada.net-Au-delà de la simple bataille de chiffres, cette situation traduit surtout la réalité d’un pays qui, malgré les chocs successifs, demeure engagé dans une trajectoire de résilience économique, fruit des réformes portées par les autorités de la Transition.
Et c’est précisément ce qu’a rappelé le gouvernement, chiffres à l’appui.

Une mission du FMI qui confirme la solidité du cadre macroéconomique malien

Du 10 au 21 novembre 2025, une équipe du FMI dirigée par Wenjie CHEN a mené une mission virtuelle dans le cadre de la première revue du Programme de Référence conclu avec le Mali en avril 2025.
Ce programme intervient à la suite des inondations dévastatrices de 2024, qui avaient fortement affecté le bétail, les infrastructures et plusieurs secteurs productifs.
Pour appuyer le pays, le FMI avait accordé une Facilité de Crédit Rapide (FCR) de 72,969 milliards de F CFA, assortie de repères structurels que les autorités maliennes ont entièrement respectés.

À l’issue de la mission, le FMI a salué :

  • la transparence dans l’utilisation des fonds décaissés ;

  • la publication du premier rapport trimestriel sur la FCR ;

  • la communication des informations complètes sur la passation des marchés ;

  • l’atteinte de l’ensemble des objectifs quantitatifs fixés jusqu’au 30 septembre 2025.

Autrement dit : les engagements ont été tenus. Ce point est important, car il illustre une gouvernance renouvelée, rigoureuse et crédible, que le FMI lui-même reconnaît.

Des défis réels, mais une progression que le FMI n’intègre pas entièrement

Selon l’équipe du FMI, plusieurs facteurs auraient pesé sur la croissance malienne en 2025 :

  • les séquelles des inondations de 2024,

  • les attaques terroristes persistantes,

  • les tensions énergétiques et la crise du carburant,

  • le différend avec la société Barrick Gold,

  • la baisse de l’aide internationale.

À partir de ces paramètres, l’institution a établi une prévision de croissance de 4,1% pour 2025 et anticipe une inflation inférieure à 3%, conforme aux standards régionaux.

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Toutefois, ces estimations ne reposent pas uniquement sur des données nationales consolidées, mais sur l’interprétation des chocs récents.
C’est là que se situe la divergence avec les services techniques maliens.

Les autorités maliennes défendent des chiffres basés sur les données concrètes du terrain

Pour le gouvernement malien, la croissance économique de 2025 doit être évaluée à 6,1%, une projection fondée sur les statistiques produites par les services techniques compétents.

Ce taux découle de plusieurs tendances observées durant l’année :

Rebond spectaculaire du secteur secondaire

Après une contraction de 3,3% en 2024, ce secteur a enregistré une progression exceptionnelle de 10,3% en 2025.
Industries, BTP, transformation : presque toutes les branches ont retrouvé une dynamique forte, portée par les investissements publics structurants.

Inflation maîtrisée

L’inflation ressortirait à 2,5%, grâce à :

  • une politique gouvernementale de soutien aux ménages,

  • un appui aux acteurs économiques,

  • une bonne campagne agricole.

Cette maîtrise des prix reste une performance majeure dans un environnement international pourtant instable.

Gestion responsable de la dette

L’encours de la dette publique atteindrait 41,7% du PIB, très loin du plafond communautaire de 70%.
Cette situation confirme la prudence budgétaire adoptée par la Transition, soucieuse d’éviter la spirale d’endettement qui menace tant de pays africains.

Déficit budgétaire en amélioration continue

Après 3,9% du PIB en 2023, le déficit est passé à 2,6% en 2024 et devrait être contenu à 2,7% en 2025.
Ces résultats traduisent :

  • la discipline budgétaire,

  • la rationalisation des dépenses courantes,

  • et la hausse significative des recettes fiscales.

Un chômage en chute sur plusieurs années

Le taux de chômage est passé :

  • de 6,1% en 2021

  • à 3,5% en 2024.

Cette tendance est remarquable, surtout comparée à la moyenne d’Afrique subsaharienne (5,9%).

Pauvreté en léger recul

L’incidence de la pauvreté est passée de 43,9% en 2023 à 43,3% en 2024.
La baisse est modeste, mais significative dans un contexte de crises multiformes.

Le Mali félicité par la Commission de l’UEMOA

Parallèlement à la mission du FMI, la Commission de l’UEMOA a également publié ses propres estimations dans le cadre de la surveillance multilatérale.
Elle félicite le Mali pour ses performances macroéconomiques et projette pour fin 2025 :

  • taux de croissance : 6,0%,

  • inflation : ≤3%,

  • déficit budgétaire : -2,9%,

  • dette publique : 42,0%.

Ces chiffres se rapprochent davantage des estimations du gouvernement malien que de celles du FMI.

2026 : une année charnière qui pourrait confirmer l’embellie

Pour 2026, les autorités maliennes anticipent une croissance de 6,3%, grâce à :

  • une reprise du secteur aurifère,

  • l’amélioration des conditions de sécurité,

  • le dynamisme des secteurs primaire et secondaire.

L’inflation devrait tomber à 2,0%, un niveau idéal pour les ménages et les entreprises.
Et surtout, la fin du différend avec Barrick Gold pourrait entraîner une augmentation significative des recettes de l’État et de la production d’or, ce qui renforcerait davantage la trajectoire ascendante de l’économie.

Une divergence qui reflète surtout des méthodologies différentes

Il serait injuste de présenter l’écart entre les chiffres du FMI et ceux du gouvernement comme un conflit ou une contradiction profonde.
Les deux institutions utilisent des bases de calcul différentes :

  • Le FMI se fonde largement sur les risques, crises et facteurs externes.

  • Le gouvernement s’appuie sur les données consolidées produites par les services nationaux, au plus près des réalités économiques.

Mais il faut souligner un point essentiel :
Même le FMI salue la bonne gouvernance, la transparence et les progrès réalisés par le Mali.

Un Mali qui avance, malgré tout

Au moment où certains acteurs extérieurs tentent souvent de dépeindre le Mali sous un jour pessimiste, les données officielles et les rapports internationaux viennent rappeler une réalité incontestable :
le pays tient le cap, poursuit ses réformes et renforce sa souveraineté économique.

L’écart entre les estimations du FMI et celles du gouvernement ne doit pas occulter le fait que, dans les deux cas, la trajectoire est positive.
Et si les services maliens maintiennent la prévision de 6,1%, c’est parce qu’elle repose sur des performances tangibles, vérifiables et reconnues dans plusieurs secteurs clés.

Pour Bamada.net, l’enjeu n’est pas simplement de commenter des chiffres, mais de mettre en lumière un Mali en reconstruction, un Mali qui progresse, un Mali qui refuse le narratif alarmiste que certains veulent encore lui imposer.

Le pays avance, résiste et se transforme.
Et cela se voit dans les résultats.

 

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BEH Coulibaly 

 

Source: Bamada.net



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