Lors du sommet de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) qui s’est tenu dimanche à Abuja, au Nigeria, les dirigeants ouest-africains ont pris position avec fermeté sur la crise politique en Guinée-Bissau. L’organisation régionale a rejeté le plan de transition proposé par les militaires ayant renversé le président Umaro Sissoco Embalo et a exigé le rétablissement rapide d’un gouvernement civil conformément à la Constitution.

Bamada.net-L’instance régionale a averti qu’elle imposerait des sanctions ciblées à toute personne ou groupe qui tenterait d’entraver le retour à l’ordre constitutionnel. « Nous ne tolérerons aucun changement anticonstitutionnel de gouvernement », a déclaré Omar Alieu Touray, président de la Commission de la CEDEAO, à l’issue du sommet.

Le contexte : un coup d’État qui ravive les inquiétudes

Le 26 novembre dernier, des officiers de l’armée bissau-guinéenne, regroupés sous le nom de Haut Commandement militaire, ont renversé le président Umaro Sissoco Embalo, un jour avant l’annonce officielle des résultats provisoires des élections présidentielle et législatives du 23 novembre. Le général Horta Inta-a a été installé comme président par intérim, suspendant le processus électoral. Ce scénario a provoqué l’indignation de la CEDEAO, qui souligne que les scrutins avaient été jugés libres et transparents par ses observateurs ainsi que par l’Union africaine et la Communauté des pays de langue portugaise.

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La Guinée-Bissau, qui partage ses frontières avec le Sénégal et la Guinée, connaît une instabilité chronique depuis son indépendance en 1974. Le pays a déjà été secoué par plusieurs coups d’État et tentatives de putsch, ce qui place l’armée au cœur de la vie politique nationale.

Une mise en garde claire de la CEDEAO

Le président sierra-léonais Julius Maada Bio, qui assure actuellement la présidence tournante de la CEDEAO, a rappelé que la démocratie est indissociable de la paix, de la justice et du développement. Selon lui, les récents événements en Guinée-Bissau, ainsi que la tentative avortée de coup d’État au Bénin, montrent que la démocratie nécessite une vigilance constante et des actions fondées sur des principes solides.

« La résurgence des changements anticonstitutionnels menace notre stabilité régionale et affaiblit notre avenir collectif », a-t-il affirmé, soulignant l’importance de la solidarité entre États ouest-africains face aux crises politiques.

Une région secouée par les crises militaires

Entre 2020 et 2023, la CEDEAO a dû gérer une série de coups d’État au Mali, au Burkina Faso, en Guinée et au Niger. Trois de ces pays ont depuis quitté l’organisation pour former l’Alliance des États du Sahel (AES). Face à ces défis, la CEDEAO tente de maintenir une ligne claire en faveur de la gouvernance démocratique tout en gérant les tensions sécuritaires au Sahel.

Pour le Nigeria, pays hôte du sommet, la priorité est l’unité régionale et le dialogue. Le vice-président Kashim Shettima a insisté sur le fait que les désaccords politiques ne doivent pas dissoudre le sentiment d’appartenance à la communauté ouest-africaine. « La fraternité doit primer sur la force », a-t-il déclaré.

La sécurité régionale, un enjeu majeur

Le sommet a également mis l’accent sur la lutte contre les groupes armés et djihadistes qui poursuivent leurs offensives au Sahel. Julius Maada Bio a rappelé que « aucune frontière ne peut protéger de la violence », et la CEDEAO a réitéré la nécessité de coopérer avec l’AES sur les questions de sécurité malgré les divergences politiques.

Face à la crise bissau-guinéenne, la CEDEAO adopte une posture ferme : un retour rapide à l’ordre constitutionnel est exigé, et les militaires doivent renoncer à toute tentative de prolonger leur pouvoir. L’organisation entend montrer que la démocratie, la paix et la stabilité régionale sont indissociables et qu’aucune prise de pouvoir anticonstitutionnelle ne sera tolérée.

 

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Ladji Djiga Sidibé

 

Source: Bamada.net



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