Le paysage institutionnel malien connaît une nouvelle évolution. Par décret présidentiel en date du 12 février 2026, le Président de la Transition, Assimi Goïta, a procédé à un ajustement de l’équipe gouvernementale dirigée par le Premier ministre, le Général de division Abdoulaye Maïga.
Bamada.net-La lecture officielle du décret a été faite sur les antennes de l’ORTM par le Secrétaire général de la Présidence, marquant ainsi l’entrée en vigueur d’une nouvelle configuration exécutive qui abroge celle du 21 novembre 2024.
Ce réaménagement, qualifié de « technique mais stratégique » par plusieurs observateurs, intervient dans un contexte national exigeant : sécurité, crise énergétique, réformes institutionnelles et consolidation de la souveraineté économique.
Une équipe resserrée autour des secteurs prioritaires
La nouvelle architecture gouvernementale compte 28 membres, dont trois ministres d’État et un ministre délégué. Ce choix traduit une hiérarchisation claire des priorités.
Sont élevés ou confirmés au rang de ministres d’État :
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Alousséni Sanou, Économie et Finances
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Ismaël Wagué, Réconciliation, Paix et Cohésion nationale
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Sadio Camara, Défense et Anciens Combattants
À travers ces choix, les autorités entendent consolider les piliers régaliens : défense du territoire, stabilité financière et unité nationale.
Quatre entrées significatives
Le remaniement se distingue surtout par l’arrivée de nouveaux profils, combinant expertise académique, expérience militaire et technicité sectorielle.
Administration territoriale : retour d’un stratège

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Le Général de brigade Issa Ousmane Coulibaly prend la tête du ministère de l’Administration territoriale et de la Décentralisation, un poste précédemment assuré par le Premier ministre.
Ancien ambassadeur du Mali en Türkiye, officier supérieur formé à l’École de guerre de Paris et juriste de formation, il dispose d’un parcours mêlant commandement militaire, diplomatie et expertise institutionnelle.
Sa nomination intervient à un moment crucial où les enjeux liés à la gouvernance locale et aux réformes politiques exigent rigueur et sens stratégique.
Refondation de l’État : un universitaire aux commandes
La grande nouveauté politique de ce remaniement demeure l’entrée de Yaya Gologo comme ministre de la Refondation de l’État, chargé des Relations avec les Institutions.

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Professeur de droit public, ancien secrétaire général du ministère du Travail et conseiller spécial du Président, il incarne un profil académique engagé dans les problématiques de réforme administrative et institutionnelle depuis plus de deux décennies.
Son arrivée marque une volonté claire : inscrire la refondation dans une approche doctrinale, structurée et juridiquement solide.
Énergie : un technicien face à l’urgence

Le ministère de l’Énergie et de l’Eau est confié au Dr Tiémoko Traoré.
Spécialiste du développement rural et des dynamiques territoriales, il devra s’attaquer à l’un des dossiers les plus sensibles du moment : la crise de l’électricité et l’accès durable à l’eau.
Son expérience dans la gestion de projets et l’analyse des impacts sociaux pourrait constituer un atout dans la recherche de solutions adaptées aux réalités nationales.
Agriculture : cap sur la souveraineté alimentaire
Le département de l’Agriculture est désormais dirigé par le Dr Ibrahima Samaké, agroéconomiste et ancien responsable académique à l’IPR/IFRA.

Spécialiste des organisations paysannes et du développement local, il hérite d’un secteur stratégique pour l’autosuffisance alimentaire et la résilience économique du pays.
Son profil technique laisse présager une approche axée sur la modernisation des filières et la valorisation des productions nationales.
Continuité dans les secteurs clés
Plusieurs ministres sont maintenus dans leurs fonctions, signe d’une stabilité assumée dans certains départements :




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Mamoudou Kassogué, Justice et Droits de l’Homme
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Daoud Aly Mohammedine, Sécurité et Protection civile
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Abdoulaye Diop, Affaires étrangères
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Assa Badiallo Touré, Santé et Développement social
Cette reconduction traduit la volonté de préserver la cohérence de l’action gouvernementale dans des secteurs jugés stratégiques.
Un signal politique mesuré
Contrairement aux remaniements de rupture, cette recomposition apparaît comme un ajustement calibré. Elle combine stabilité et renouvellement, continuité et technicité.
Le Président Assimi Goïta semble ainsi privilégier une méthode progressive : renforcer les pôles essentiels, injecter de nouvelles compétences là où les défis sont pressants et maintenir une cohésion globale de l’équipe.
Analyse : entre consolidation et accélération
Ce remaniement intervient à un moment charnière de la Transition. Les attentes populaires restent fortes sur plusieurs fronts : amélioration des services publics, stabilité énergétique, réformes institutionnelles et relance économique.
La nouvelle équipe devra rapidement démontrer sa capacité à transformer les orientations politiques en résultats concrets.
Pour Bamada.net, cette recomposition marque moins un changement d’orientation qu’une volonté d’optimisation des ressources humaines au sommet de l’État.
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Moïse Touré
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Source: Bamada.net
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