La récente visite officielle du Président du Conseil National pour la Sauvegarde de la Patrie (CNSP), le Général de Brigade Abdourahamane Tiani, à Alger, marque un tournant décisif dans la reconfiguration des alliances régionales car ce déplacement de haut niveau témoigne de la volonté du Niger de diversifier ses partenariats stratégiques
Bien que cette visite suscite aujourd’hui plusieurs interprétations au sein des chancelleries et de l’opinion, elle constitue, à mon avis, une ouverture diplomatique majeure capable de transformer les défis sécuritaires en opportunités de développement économique durable.
Je pense que la visite du Président Tiani est un acte de sagesse politique car, non, l’AES ne doit pas s’isoler dans un vase clos qui limiterait ses capacités d’influence et de croissance.
Cette main tendue vers l’Algérie offre au Niger une ouverture multidimensionnelle, notamment à travers l’accès facilité aux infrastructures portuaires et énergétiques du géant maghrébin. En renforçant cet axe, Niamey s’assure une bouffée d’oxygène logistique qui réduit sa dépendance aux ports de la côte ouest-africaine, tout en consolidant sa position de verrou sécuritaire incontournable dans la zone sahélo-saharienne. Cette synergie nouvelle permet d’envisager des projets structurants tels que le gazoduc transsaharien, dont l’aboutissement ferait du Niger un acteur énergétique de premier plan sur la scène internationale.
Je pense que l’isolement est un piège que l’AES doit éviter à tout prix puisque la souveraineté ne signifie pas l’autarcie, mais plutôt la liberté de choisir des partenaires solides et respectueux.
Au-delà des frontières du Niger, ce rapprochement avec Alger constitue une victoire diplomatique pour l’ensemble de la Confédération AES, démontrant que le bloc sahélien est capable de dialoguer d’égal à égal avec les puissances régionales. Cette ouverture permet d’atténuer les méfaits d’un isolement diplomatique qui ne servirait qu’à asphyxier les économies locales et à fragiliser les efforts de défense collective. En s’appuyant sur l’expérience algérienne en matière de lutte contre le terrorisme, l’AES renforce sa propre architecture de sécurité tout en s’ouvrant les portes d’un marché maghrébin vaste et demandeur.
Je pense que l’AES doit rester une force de proposition ouverte sur le monde car l’isolement affaiblit, tandis que les alliances stratégiques renforcent la résilience de nos nations en pleine transition.
L’histoire nous enseigne que l’isolement total conduit inévitablement à une stagnation économique et à une vulnérabilité accrue face aux pressions extérieures ; il est donc impératif que les pays de l’AES cultivent une « souveraineté connectée ». La visite du Général Tiani prouve que l’on peut défendre fermement ses intérêts nationaux tout en étant un acteur actif de l’intégration continentale. En multipliant ces passerelles avec des voisins stratégiques comme l’Algérie, l’AES s’offre les moyens de sa politique : une indépendance réelle, financée par une économie dynamique et protégée par une diplomatie offensive.
Je pense que le pragmatisme du Président Tiani montre la voie : l’AES doit briller par son ouverture et sa capacité à nouer des liens là où on l’attend le moins, car c’est ainsi que nous bâtirons un Sahel fort et respecté.
L’œil de Soloni
Source : SOLONI
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