Affaire Moussa Mara : l’appel examiné le 19 janvier 2026
Bamada.net-Selon Me Mountaga Tall, avocat de Moussa Mara, l’appel interjeté à la suite de la condamnation en première instance — jugée injuste par la défense — sera examiné par la Cour d’appel de Bamako le 19 janvier 2026.
L’avocat se veut confiant et rappelle que cette étape constitue une garantie fondamentale des droits de la défense dans un État de droit.
« Nous attendons que le droit soit enfin dit », a déclaré Me Mountaga Tall, soulignant que la procédure suit son cours normal, dans le strict respect des règles judiciaires en vigueur.
Pour rappel, Moussa Mara n’est pas un acteur politique ordinaire. Ancien Premier ministre, ministre, député, maire, conseiller municipal, il est également expert-comptable chevronné de l’État. Peu d’hommes politiques maliens, voire africains, peuvent se prévaloir d’un parcours institutionnel aussi riche et diversifié, ce qui confère à ce dossier une attention particulière de l’opinion publique nationale.
Dissolution des partis politiques : une procédure encore pendante
S’agissant de la dissolution des partis politiques, Me Mountaga Tall précise que le dossier demeure en instance de transmission à la Cour constitutionnelle, par l’intermédiaire de la Cour suprême.
Il rappelle avec insistance que cette transmission constitue une étape procédurale obligatoire, prévue par les textes, et qu’aucun blocage ne saurait être légalement opposé à ce mécanisme.
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Cette clarification vise à dissiper certaines interprétations erronées circulant dans l’espace public et à recentrer le débat sur le terrain strictement juridique.
Militaires radiés : une question juridique centrale
Concernant les militaires et gendarmes radiés, l’avocat indique que la procédure suit également son cours. Toutefois, les conseils de la défense exigent un accès libre et effectif aux intéressés, conformément aux principes fondamentaux du droit à la défense.
Me Mountaga Tall insiste sur un point juridique majeur :
après leur radiation, ces militaires deviennent des civils. Dès lors, leur maintien dans des lieux de détention militaire, sans contact avec l’extérieur, pose une question juridique sérieuse quant à la base légale d’une telle mesure.
Cette interrogation, selon lui, relève d’un débat de droit, et non d’une remise en cause de l’autorité de l’État.
Dossier Alpha Yaya Sangaré : une requête en référé-liberté
Autre dossier évoqué : celui d’Alpha Yaya Sangaré.
Une requête en référé-liberté a été introduite afin d’obtenir sa mise en liberté d’office, après 21 mois de détention sans mandat de justice, selon la défense.
Là encore, Me Mountaga Tall rappelle que son action s’inscrit exclusivement dans le cadre du droit et des procédures prévues par les textes en vigueur.
Pourquoi l’avocat n’intervient pas sur certains dossiers internationaux ?
Face à certaines interrogations de citoyens, l’avocat a tenu à clarifier pourquoi il n’intervient pas dans certains dossiers d’ordre international ou sécuritaire, notamment :
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Le différend Mali–France aux Nations Unies :
Il s’agit d’un contentieux strictement diplomatique, non judiciaire. Aucun juge n’étant saisi, l’intervention d’un avocat serait juridiquement sans fondement. -
Les groupes armés :
Le conflit est de nature militaire, et non juridictionnelle. L’action d’un avocat n’a de sens que devant une juridiction compétente. -
Le drone malien abattu par l’Algérie :
L’État du Mali a saisi la Cour internationale de Justice et désigné ses propres conseils. Intervenir sans mandat constituerait une faute professionnelle.
La défense des militaires : une obligation constitutionnelle
Enfin, Me Mountaga Tall rappelle un principe fondamental :
dès lors qu’un fait est qualifié de crime, la présence d’un avocat est obligatoire, conformément à la Constitution du Mali, aux textes de l’UEMOA et aux principes généraux du droit.
Même en l’absence de demande explicite des intéressés, l’État a l’obligation de leur désigner un avocat. Cette exigence s’applique à toute personne poursuivie pour crime, quel que soit son statut.
Le droit comme boussole
En conclusion, Me Mountaga Tall se montre constant dans sa ligne de conduite : agir exclusivement dans le cadre du droit et du mandat qui lui est confié.
« Le droit finira par prévaloir.
Nécessairement.
Inéluctablement. »
Une déclaration qui résume l’esprit de sa démarche, à l’heure où le Mali poursuit sa marche vers la consolidation de ses institutions et le renforcement de la justice.
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Moussa Keita
Source: Bamada.net
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