La Chambre criminelle spécialisée en matière économique et financière de la Cour d’appel de Bamako poursuit l’examen du dossier communément appelé affaire du marché d’armement « Paramount ». Ce procès, qui retient l’attention de l’opinion publique par sa portée institutionnelle et financière, a été marqué par la comparution prolongée de l’ancien ministre de l’Économie et des Finances, puis de la Défense et des Anciens combattants, Tiéna Coulibaly.
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Bamada.net-Présent à la barre durant plusieurs audiences consécutives, l’ancien membre du gouvernement a été longuement interrogé par les magistrats et le ministère public sur les actes posés dans le cadre de ce marché, notamment l’avenant dont la signature lui est attribuée et qui constitue l’un des éléments centraux de la procédure en cours.
Une comparution étalée sur plusieurs journées
Après une suspension d’audience observée la veille, la Cour a repris les débats avec la troisième comparution successive de Tiéna Coulibaly. Face à la Chambre, l’ancien ministre a répondu point par point aux interrogations, dans un climat empreint de rigueur judiciaire et de respect du principe du contradictoire.
Les juges ont souhaité obtenir des éclaircissements précis sur le contexte décisionnel ayant entouré le marché concerné, les mécanismes administratifs utilisés, ainsi que les responsabilités respectives des différentes structures impliquées à l’époque des faits.
Un rejet ferme des accusations portées
À la barre, Tiéna Coulibaly a contesté l’ensemble des griefs formulés à son encontre. Il a nié toute implication dans des faits susceptibles de porter atteinte aux intérêts financiers de l’État malien, affirmant que les décisions prises relevaient d’un cadre institutionnel collectif, conforme aux textes en vigueur.
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Selon l’ancien ministre, son intervention s’est limitée à l’exercice normal de ses fonctions, sans initiative personnelle ni dépassement de compétence. Il a soutenu que l’avenant litigieux s’inscrivait dans une chaîne administrative validée par les services techniques compétents et que son rôle ne saurait être isolé du fonctionnement global de l’appareil étatique.
Des critiques sur le document à l’origine des poursuites
L’un des moments les plus remarqués de l’audience a été la prise de position de Tiéna Coulibaly concernant le document ayant servi de fondement aux accusations. Sans remettre en cause le travail de la justice, l’ancien ministre a exprimé de sérieuses réserves sur la qualité technique et l’analyse contenues dans ce rapport.
Il a estimé que certaines conclusions reposaient sur une lecture approximative des procédures budgétaires et contractuelles, évoquant un manque de compréhension des mécanismes administratifs complexes liés aux marchés stratégiques de l’État. À ce titre, il a également contesté les montants de préjudice financier qui lui sont imputés, les jugeant excessifs et insuffisamment étayés.
Le ministère public maintient sa position
De son côté, le ministère public a rappelé la gravité des faits examinés et la nécessité pour la justice d’apporter des réponses claires à l’opinion nationale. Les représentants du parquet ont maintenu leurs observations, soulignant l’importance de faire toute la lumière sur un dossier impliquant des ressources publiques et des enjeux de souveraineté.
La Cour, pour sa part, a poursuivi les débats avec méthode, accordant à chaque partie le temps nécessaire pour développer ses arguments, dans le strict respect des règles de procédure.
Un parcours ministériel remis en perspective
Au cours des échanges, le parcours professionnel de Tiéna Coulibaly a été rappelé. Celui-ci a occupé les fonctions de ministre de l’Économie, des Finances et du Budget entre avril 2012 et juin 2013, avant d’être nommé ministre de la Défense et des Anciens combattants, notamment durant la période de transition conduite par le président Dioncounda Traoré, puis sous le régime du président Ibrahim Boubacar Keïta entre 2017 et 2018.
L’ancien ministre a fait valoir cette expérience comme un gage de son attachement aux principes de continuité de l’État et de service public, affirmant n’avoir jamais agi en dehors du cadre légal.
Un procès à forts enjeux institutionnels
L’affaire dite « Paramount » dépasse le cadre individuel des personnes poursuivies. Elle soulève des interrogations essentielles sur la gouvernance des marchés publics sensibles, la traçabilité des décisions administratives et la responsabilité des décideurs à différents niveaux de l’État.
La poursuite des audiences permettra à la juridiction compétente de se forger une conviction sur la base des éléments débattus publiquement. Dans cet esprit, la tenue de ce procès s’inscrit dans la volonté des autorités judiciaires de renforcer la redevabilité et la transparence dans la gestion des affaires publiques.
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Source: Bamada.net
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