Les opérations du Désarmement, Démobilisation, Réinsertion et Intégration (DDR-I) ont franchi une étape cruciale ce mercredi 03 décembre 2025, avec l’accueil et l’enregistrement des premiers ex-combattants sur le site dédié de Ménaka. Cette phase, conduite dans un contexte sécuritaire sensible, marque un tournant important dans la stratégie nationale de stabilisation et de reconstruction durable.
Une étape déterminante du processus DDR-I
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L’ouverture du site de Ménaka s’inscrit dans la dynamique accélérée voulue par les autorités de la Transition pour donner une impulsion irréversible au processus de paix. Les opérations permettent d’identifier, d’enregistrer et d’orienter les membres des groupes armés et d’autodéfense ayant adhéré au dispositif DDR-I, en vue de leur accompagnement vers les différentes étapes prévues : désarmement effectif, formation, réinsertion ou intégration militaire.
Placée sous la responsabilité conjointe de la Commission Nationale DDR (CNDDR) et de la Commission Nationale d’Intégration (CNI), et sous la tutelle du Général de Corps d’Armée Ismaël WAGUÉ, cette campagne 2025 prévoit l’intégration de 2 000 ex-combattants dans les Forces Armées Maliennes (FAMa) en qualité de soldats de 2ᵉ classe.
Cette initiative traduit, selon les responsables, la détermination ferme de l’État malien à démobiliser les groupes armés et à consolider une paix durable, en particulier dans les zones longtemps affectées par l’instabilité.
Un processus progressif couvrant plusieurs régions
Si Ménaka concentre actuellement les efforts, le processus DDR-I concerne déjà les combattants issus de groupes armés et d’autodéfense ayant formellement adhéré au processus de paix dans les régions de Ségou, Mopti, Ménaka et Kidal. Les opérations devraient s’étendre dans les tout prochains jours à Tombouctou, Gao et Taoudénit, élargissant le périmètre de la réinsertion progressive.
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Selon les responsables sur place, cette extension est essentielle pour garantir une prise en charge équitable et nationale de tous les ex-combattants ayant manifesté leur volonté de rejoindre le chemin de la paix.
Des critères stricts garantissant la transparence et la crédibilité
Dans son allocution lors du lancement des opérations à Ménaka, le Président de la CNI, le Général de Division Ibrahim FANÉ, a insisté sur la rigueur du processus. Il a rappelé que l’éligibilité au DDR-I repose sur des critères précis, conçus pour assurer crédibilité, transparence et fiabilité :
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appartenance vérifiée à un groupe armé reconnu par les autorités ;
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nationalité malienne confirmée ;
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possession d’une arme fonctionnelle ;
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non-appartenance à une organisation terroriste ;
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aptitude physique et morale au service militaire.
Ces conditions, a-t-il expliqué, visent à garantir que seules les personnes véritablement concernées par les accords de paix puissent bénéficier de l’intégration ou de la réinsertion.
Une mobilisation collective pour la réussite du processus
Le Général FANÉ a également rappelé que le succès du DDR-I dépend d’une mobilisation multisectorielle, impliquant non seulement les structures étatiques mais aussi les Forces Armées et de Sécurité, les légitimités traditionnelles, les autorités locales, les communautés, et l’ensemble des acteurs de la société civile.


Il a, à cet effet, adressé ses remerciements au Ministre de la Réconciliation, de la Paix et de la Cohésion nationale, saluant son engagement constant pour un processus participatif et inclusif. Les contributions de la CNDDR, de la CNI et de toutes les structures partenaires ont également été soulignées.
Une dynamique porteuse d’espoir pour les populations du Nord et du Centre
Pour de nombreux observateurs, le démarrage de ces opérations à Ménaka porte un message fort : celui d’un Mali résolument engagé sur la voie du retour à la stabilité. Dans une région souvent éprouvée par les violences armées, l’accueil des ex-combattants comme futurs soldats ou acteurs de la réinsertion est perçu comme un signe d’apaisement et de renouveau.
L’objectif affiché par les autorités reste clair : désarmer définitivement, reconstruire la confiance et bâtir une paix durable, dans le respect de la souveraineté nationale et des aspirations des populations.
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Fatoumata Bintou Y
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