L’examen du projet de loi de finances pour l’exercice 2026 par le Conseil National de Transition (CNT) met en lumière des choix budgétaires assumés par les autorités de la Transition. Dans un contexte marqué par le poids croissant de la dette publique et l’augmentation continue de la masse salariale, le budget de l’État privilégie clairement l’Éducation nationale et le renforcement des institutions de souveraineté, tout en imposant des coupes significatives à des secteurs clés comme le sport et l’agriculture.

Le message est sans équivoque : l’école demeure une priorité stratégique. Le budget alloué au ministère de l’Éducation nationale s’élève à 472,252 milliards de FCFA pour 2026, contre 435,904 milliards dans la loi de finances rectificative de 2025, soit une hausse substantielle.

Au-delà des charges de fonctionnement, cette progression se traduit par des investissements structurants. Des lignes budgétaires spécifiques sont prévues pour la construction des universités de Bandiagara et de Kayes, ainsi que pour l’édification de nouveaux lycées à Kayes Ndi, Kimparana et Faraba, traduisant la volonté de renforcer durablement les capacités du système éducatif national.

Dans un contexte de Transition politique, le renforcement des institutions républicaines s’impose comme une autre priorité majeure. La dotation de la Présidence de la République passe ainsi de 15,672 milliards de FCFA en 2025 à 17,407 milliards en 2026.

Le CNT bénéficie également d’un relèvement de ses crédits, avec un budget porté à 13,620 milliards de FCFA, contre 11,451 milliards précédemment. Ces dotations ont été adoptées à l’unanimité des membres présents, avec 125 voix pour, sans opposition ni abstention, illustrant un large consensus politique.

Le ministère de la Réconciliation nationale, considéré comme un pilier de la cohésion sociale, voit son enveloppe augmenter de manière notable, passant de 12,904 milliards à 16,360 milliards de FCFA. Le secteur de la Culture suit la même dynamique, avec un budget rehaussé à 12,792 milliards de FCFA, contre 10,007 milliards en 2025.

Sports et Agriculture : des coupes budgétaires marquées

À l’inverse, plusieurs départements ministériels devront faire face à une contraction significative de leurs ressources. Le ministère de la Jeunesse et des Sports enregistre la baisse la plus spectaculaire : son budget chute à 45,307 milliards de FCFA, contre 111,145 milliards l’année précédente, soit une réduction de près de 60 %. Cette baisse pourrait s’expliquer par l’achèvement de grands projets d’infrastructures sportives ou par une réorientation profonde des priorités budgétaires de l’État.

Autre secteur stratégique touché par ces arbitrages : l’Agriculture. Le budget du ministère recule de 135,643 milliards de FCFA à 118,633 milliards en 2026. Une diminution qui ne manquera pas de susciter débats et inquiétudes, notamment dans un pays où le monde rural demeure central pour la sécurité alimentaire et l’économie nationale.

Le poids croissant de la dette et de la masse salariale

Au-delà des répartitions sectorielles, la structure globale du budget reste fortement contrainte par des dépenses incompressibles. La masse salariale de l’État poursuit sa progression, atteignant 1 134,332 milliards de FCFA en 2026, contre 1 056,105 milliards en 2025.

Par ailleurs, le service de la dette intérieure et extérieure pèsera lourdement sur les finances publiques, avec une prévision de remboursement estimée à 1 249,833 milliards de FCFA. Un niveau élevé qui réduit considérablement la marge de manœuvre budgétaire de l’État et interroge sur les capacités futures d’investissement du Mali.

Ce projet de loi de finances 2026 apparaît ainsi comme un budget de transition, marqué par des choix stratégiques clairs, mais aussi par des sacrifices sectoriels dictés par les contraintes financières actuelles.

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Source : Le PAYS



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