Souveraineté minière : Adoption du décret de transfert du permis d’or de Kobada à une société de droit malien.
Sous la haute présidence du Général d’Armée Assimi Goïta, Président de la Transition, Chef de l’État, et en présence du Docteur Général de division Abdoulaye Maïga, Premier ministre, Chef du Gouvernement, le Conseil des ministres s’est réuni le mercredi 28 janvier 2026 au Palais présidentiel de Koulouba.
Bamada.net-Au cours de cette session, le Conseil a examiné plusieurs dossiers majeurs relatifs à la gouvernance économique et à la valorisation des ressources nationales. Parmi les décisions phares figure l’adoption d’un projet de décret autorisant le transfert du permis d’exploitation de grande mine d’or de Kobada, situé dans le cercle de Kangaba, région de Koulikoro.
Un dossier présenté par le ministre des Mines
Présenté par le ministre des Mines, le Professeur Amadou Keïta, le projet de décret concerne le transfert du permis initialement attribué à la Société African Gold Group Mali-SARL au profit de la Société MINES DE KOBADA-S.A., une société d’exploitation de droit malien.
Cette décision s’inscrit dans la dynamique de mise en œuvre du nouveau Code minier malien, adopté en août 2023, qui vise à renforcer la souveraineté nationale sur les ressources minières, à accroître la participation de l’État et à favoriser une meilleure retombée économique pour les populations.
Historique du permis minier de Kobada
Selon les informations recueillies par Bamada.net, le permis de recherche du site aurifère de Kobada a été attribué en 2001 à la Compagnie Minière d’Or. Après deux renouvellements successifs, il a été cédé en 2006 à la Société African Gold Group Mali-SARL.
Les travaux de recherche approfondis menés sur le périmètre ont permis de mettre en évidence un important potentiel aurifère. Les premières estimations faisaient état de 36 millions de tonnes de minerai, avec une teneur moyenne de 1,05 gramme par tonne, correspondant à 37,631 tonnes d’or métal.
Sur la base de ces résultats prometteurs, un permis d’exploitation de grande mine d’or a été accordé à African Gold Group Mali-SARL en 2015, ouvrant la voie à l’exploitation industrielle du gisement.
Des difficultés ayant retardé l’exploitation
Malgré l’obtention du permis d’exploitation, la société a été confrontée à des difficultés techniques, financières et organisationnelles, qui ont freiné le démarrage effectif des activités minières sur le site de Kobada.
Face à cette situation, et dans un contexte de réforme du secteur minier, l’adoption de la Loi n°2023-040 du 29 août 2023 portant Code minier en République du Mali a offert un nouveau cadre juridique plus exigeant et plus structurant.
Nouvelle étude de faisabilité et réévaluation des réserves
À la faveur de ce nouveau cadre légal, la société a procédé à une nouvelle étude de faisabilité, laquelle a permis de réévaluer à la hausse les réserves du gisement.
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Les nouvelles données font état de 53,8 millions de tonnes de minerai, avec une teneur moyenne de 0,90 gramme par tonne, soit 1,56 million d’onces d’or contenu, équivalant à 48,52 tonnes d’or métal. Ces chiffres confirment le caractère stratégique du gisement de Kobada pour l’économie minière nationale.
Création de sociétés de droit malien
Conformément aux exigences du Code minier, la société African Gold Group Mali-SARL a changé de dénomination le 25 janvier 2023, devenant Toubani Resources-SARL.
Dans la continuité de cette restructuration, deux entités ont été créées :
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Toubani Resources Mali-SARL, filiale malienne ;
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MINES DE KOBADA-S.A., société d’exploitation de droit malien appelée à conduire directement les opérations minières.
Un transfert conforme au Code minier
Le projet de décret adopté par le Conseil des ministres autorise officiellement le transfert du permis d’exploitation de grande mine d’or au profit de MINES DE KOBADA-S.A.

Cette décision traduit la volonté des autorités de la Transition de faire respecter scrupuleusement le cadre légal, tout en garantissant une exploitation responsable, transparente et bénéfique pour l’État et les communautés locales.
Un enjeu économique et stratégique majeur
Pour de nombreux observateurs interrogés par Bamada.net, ce transfert marque une étape importante dans la reconfiguration du secteur minier malien, secteur clé de l’économie nationale.
Au-delà des chiffres, le projet de Kobada représente :
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des emplois directs et indirects pour les populations locales ;
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une augmentation des recettes fiscales et minières ;
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un renforcement du contrôle de l’État sur ses ressources naturelles.
Vers une meilleure gouvernance des ressources naturelles
En validant ce transfert, les autorités maliennes réaffirment leur engagement à refonder la gouvernance minière, dans un esprit de souveraineté économique et de justice sociale, conformément à la vision portée par le Président de la Transition.
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Ladji Djiga Sidibé
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Source: Bamada.net
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