Le Président de la Transition, le Général d’Armée Assimi Goïta, poursuit la réorganisation stratégique du secteur extractif malien. Par décret signé le 19 janvier 2026, le Chef de l’État a procédé à la nomination de M. Hilaire Bebian Diarra au poste de Commissaire chargé des Activités minières (CCAM), avec rang de ministre, une fonction directement rattachée à la Présidence de la République.
Bamada.net-Cette décision intervient dans un contexte marqué par de profondes réformes du secteur minier, pilier essentiel de l’économie nationale, et traduit la volonté des autorités de la Transition de renforcer la gouvernance, la transparence et la rentabilité des ressources naturelles du Mali.
Un expert des sciences de la Terre à la tête d’un organe stratégique
Spécialiste reconnu en sciences de la Terre, Hilaire Bebian Diarra dispose d’un parcours professionnel solidement ancré dans l’industrie minière. Avant sa nomination, il occupait le poste de conseiller spécial du Président de la Transition, après avoir dirigé pendant plusieurs années la mine d’or de Tongon en Côte d’Ivoire, alors propriété du groupe canadien Barrick Gold.
Son départ de Tongon est intervenu en septembre 2025, peu avant la cession de cet actif à l’ivoirien Atlantic Group, finalisée au dernier trimestre de la même année. Ce repositionnement stratégique l’a conduit à rejoindre la Présidence malienne, à un moment où le Mali faisait face à des négociations sensibles et à des différends avec certaines compagnies minières internationales.
Pour de nombreux observateurs, la nomination de M. Diarra apparaît comme une promotion fondée sur l’expertise technique et la connaissance approfondie des enjeux miniers sous-régionaux.
Une nomination inscrite dans le cadre des réformes minières de 2023
Selon l’article premier du décret présidentiel, « M. Hilaire Bebian Diarra, spécialiste en sciences de la Terre, est nommé Commissaire chargé des Activités minières, avec rang de ministre ». Le texte précise que cette décision s’inscrit dans la mise en œuvre du nouveau Code minier et de la loi sur le contenu local, adoptés en août 2023.
Le décret s’appuie également sur :
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la Constitution du Mali ;
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la Charte de la Transition révisée ;
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les textes réglementaires de juillet 2024 fixant les modalités d’application du Code minier ;
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le décret de décembre 2025 organisant le fonctionnement du Commissariat chargé des Activités minières.
L’ensemble de ces instruments juridiques vise à mieux encadrer l’exploitation des ressources minières, à accroître les retombées économiques pour l’État et à renforcer la participation des entreprises et de la main-d’œuvre nationales.
Le rôle central du Commissariat chargé des Activités minières
Rattaché directement à la Présidence de la République, le Commissariat chargé des Activités minières occupe désormais une place centrale dans l’architecture institutionnelle du secteur. Selon les textes en vigueur, ses missions incluent notamment :
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le contrôle du respect des dispositions du Code minier ;
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l’examen des rapports d’activités des titulaires de titres miniers ;
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la proposition de stratégies de développement du secteur extractif ;
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la formulation de mesures visant à renforcer la transparence et la bonne gouvernance.
La création et l’opérationnalisation de cet organe traduisent une volonté affirmée de l’État de reprendre la main sur un secteur longtemps critiqué pour ses faibles retombées économiques, malgré son poids considérable dans le PIB national.
Un secteur sous haute surveillance présidentielle
Ces derniers mois, les négociations avec les sociétés minières, notamment autour de l’application du nouveau Code minier et des conclusions d’un audit ayant révélé un manque à gagner estimé entre 300 et 600 milliards de FCFA, ont été pilotées depuis le Palais de Koulouba.
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En décembre 2025, les autorités de la Transition ont annoncé avoir récupéré environ 761 milliards de FCFA auprès des compagnies minières, à la suite de ces discussions. Des chiffres qui renforcent la détermination de l’État à optimiser les recettes issues de l’or et des autres ressources stratégiques.
Toutefois, la coexistence de plusieurs acteurs – Présidence, ministère des Mines et Commissariat chargé des Activités minières – pourrait, selon certains analystes, créer des zones de chevauchement de compétences, susceptibles de susciter des interrogations chez les investisseurs. Les prochains mois seront donc décisifs pour évaluer l’efficacité et la lisibilité de cette nouvelle gouvernance minière.
Une nomination à forte portée politique et économique
Pour Bamada.net, la nomination de Hilaire Bebian Diarra marque une étape importante dans la refondation du secteur minier malien. Elle symbolise la volonté des autorités de la Transition, sous l’impulsion du Général d’Armée Assimi Goïta, de confier les leviers stratégiques à des profils techniques expérimentés, capables de défendre les intérêts nationaux dans un environnement international complexe.
À l’heure où le Mali ambitionne de mieux valoriser ses ressources naturelles au profit de son développement, le nouveau Commissaire chargé des Activités minières est attendu sur des résultats concrets, tant en matière de transparence, de souveraineté économique que de retombées sociales pour les populations.
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Bêh Coulibaly
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Source: Bamada.net
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