Le gouvernement malien a renouvelé pour dix ans le permis d’exploitation de la mine d’or de Loulo, dans la région de Kayes, mettant fin à près de deux années de tensions entre Bamako et le groupe canadien Barrick Mining. Le décret, adopté en Conseil des ministres le 13 février 2026, intervient à la veille de l’expiration du permis initial accordé le 14 février 1996 pour une durée de trente ans.

Le site est exploité par la Société des Mines de Loulo (SOMILO S.A.), détenue à 80 % par Barrick et à 20 % par l’État malien. Son périmètre, initialement de 48 km², couvre désormais plus de 261 km² dans le cercle de Kéniéba.

Le différend avait éclaté après l’adoption du Code minier révisé en 2023, qui renforce la fiscalité et la participation de l’État dans les projets extractifs. Les exportations avaient été suspendues, une administration provisoire installée sur le complexe Loulo-Gounkoto, quatre employés détenus et environ trois tonnes d’or temporairement saisies. Barrick avait saisi le Centre international pour le règlement des différends relatifs aux investissements (CIRDI), avant de retirer sa procédure dans le cadre d’un accord conclu fin 2025. Bamako s’était alors engagé à lever les poursuites et à restituer la pleine gestion du site.

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Les tensions ont pesé sur la production nationale. Selon des chiffres provisoires rendus publics, la production industrielle d’or du Mali est tombée à 42,2 tonnes en 2025, contre 54,8 tonnes en 2024 et 66,48 tonnes en 2023. Loulo-Gounkoto, principal actif aurifère du pays, n’aurait produit qu’environ 5,5 tonnes en 2025, contre plus de 22 tonnes l’année précédente.

L’or représente 80 à 85 % des recettes d’exportation du Mali. En 2024, le complexe aurait généré près de 900 millions de dollars de revenus pour Barrick. Une nouvelle étude de faisabilité évoque des réserves exploitables pour six ans en surface et seize ans en souterrain, avec une production annuelle brute estimée à environ 420 920 onces.

Au-delà de la dimension technique, ce renouvellement formalise un compromis : appliquer le nouveau cadre minier voulu par l’État tout en préservant un investisseur majeur dans un secteur vital pour les finances publiques. Il marque également un signal de stabilisation contractuelle après un épisode de confrontation juridique et opérationnelle suivi de près par les acteurs du secteur extractif.



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