Chaque soir pendant le Ramadan, le gingembre s’invite presque inévitablement sur les tables de rupture du jeûne. En jus, en tisane ou dans la bouillie, il est devenu un incontournable du mois sacré. Mais cette année, le produit vedette se fait rare et cher.
Depuis le début du Ramadan, son prix grimpe de façon spectaculaire sur plusieurs marchés du pays, notamment au marché de Médine, à Bamako. Pour les vendeurs, cette flambée est due à une pénurie qualifiée « d’inédite ». Deux raisons principales sont évoquées : une mauvaise récolte et le coût élevé du transport.
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« La plupart des plantations de gingembre sont gâtées ; elles ont toutes pourri », confie un grossiste du marché. Un autre commerçant complète : « Nous importons du gingembre depuis la Côte d’Ivoire, le Burkina Faso et la Guinée. Le transport est très coûteux. »
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La baisse de l’offre se voit clairement sur les étals. « Autrefois, une seule personne pouvait revendre 30 sacs ou plus. Cette année, nous n’avons que 3 ou 5 sacs », déplore Madou, un commerçant. Il ajoute : « Mon frère a employé 25 jeunes dans son champ, mais il n’a même pas obtenu un sac de 100 kilos. »
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Face à cette situation, les ménages adaptent leurs habitudes. « À défaut d’avoir du gingembre, nous préparons du jus de bissap ou du pain de singe », confie une cliente. Les prix varient fortement selon les points de vente : certains kilos se vendent entre 2 500 et 3 500 francs, et parfois à l’unité pour 100 francs.
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Pour les revendeurs, la tendance ne devrait pas s’inverser avant la fin du ramadan. Une rareté qui transforme l’épice star du mois sacré en véritable produit de luxe pour beaucoup de familles.
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Source : Studio Tamani
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