Le gouvernement a officiellement donné le coup d’envoi des travaux préparatoires pour l’élaboration du budget de l’État 2027, le jeudi 26 février 2026 à Bamako.

Cette réunion de cadrage, ayant réuni près de 400 acteurs de l’administration, de la société civile et des partenaires techniques et financiers, marque le début d’un marathon budgétaire placé sous le double signe de la prudence et de l’ambition.

L’ouverture de cette phase a permis au ministre de l’Économie et des Finances, Alousséni Sanou, de présenter un état des lieux macroéconomique particulièrement encourageant. La croissance économique devrait s’établir à 5,6% pour l’année 2025, une performance dépassant les moyennes régionales. Les perspectives pour le triennat à venir s’avèrent d’ailleurs résolument optimistes, puisque les projections gouvernementales tablent sur une accélération progressive de l’activité avec des taux attendus de 6,3% en 2026 et 6,7% en 2027. Cette dynamique est portée par la résilience des secteurs primaire et tertiaire ainsi que par les premiers retours des investissements publics. Par ailleurs, les autorités ont souligné une maîtrise remarquable de l’inflation, maintenue durablement sous le seuil communautaire de 3% fixé par l’UEMOA, garantissant ainsi une stabilité des prix favorable au pouvoir d’achat et aux opérateurs économiques.

Au-delà de la croissance, la réunion a mis en lumière un assainissement notable des comptes publics. Le taux de pression fiscale a franchi un cap significatif en atteignant 14,2% du PIB en 2025, témoignant de l’efficacité des réformes visant à élargir l’assiette et moderniser le recouvrement. Parallèlement, la stratégie de consolidation porte ses fruits avec un déficit budgétaire réduit à 1,5% du PIB, un niveau bien en deçà de la prévision initiale de 2,7%. Cette performance renforce la crédibilité du Mali sur la scène financière internationale. Quant à la dette publique, elle reste sous contrôle avec un taux projeté à 43% du PIB en 2026, offrant une marge de manœuvre cruciale pour les investissements futurs. Ce tableau vertueux est complété par un excédent historique de la balance des paiements, estimé à 49,9 milliards de FCFA pour 2025.

Malgré ces indicateurs positifs, le ministre Sanou a rappelé que les défis structurels et sécuritaires persistent. La lutte contre l’insécurité continue de peser lourdement sur les arbitrages, le coût des opérations militaires complexifiant l’allocation des ressources vers d’autres secteurs. Pour répondre à cette équation, le projet de loi de finances 2027 se concentrera sur quatre axes stratégiques majeurs.

D’abord, l’État maintiendra ses efforts dans les infrastructures structurantes comme les routes et l’énergie pour soutenir l’intégration nationale. Ensuite, un accent particulier sera mis sur le renforcement de la discipline budgétaire afin d’assurer la prévisibilité des financements. Le troisième axe concerne l’approfondissement des réformes via la digitalisation des procédures et un contrôle accru de la dépense publique. Enfin, le gouvernement mise sur une réforme de la fiscalité foncière pour accroître la souveraineté fiscale et réduire la dépendance aux financements extérieurs.

En définitive, le principal enjeu du budget 2027 sera de réussir la synthèse délicate entre consolidation macroéconomique, financement des secteurs sociaux comme la santé et l’éducation, et maintien d’un investissement public soutenu. Le projet de loi sera affiné par les services du ministère de l’Économie dans les mois à venir avant d’être soumis au Secrétariat général du gouvernement, puis déposé sur le bureau de l’Assemblée nationale pour le débat parlementaire de fin d’année 2026.

M. Sanogo

Source : L’Aube



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