Le Mali fait face à une offensive hybride sans précédent. Tandis que des groupes armés terroristes s’attaquent aux infrastructures logistiques du pays, certaines multinationales du transport et de la logistique prennent des décisions qui, volontairement ou non, renforcent les effets de cette stratégie d’asphyxie.
Ce double embargo – armé et économique – menace directement la souveraineté du Mali et la stabilité de la région.
Si le blocus du carburant est une guerre logistique déclenchée par les groupes armés, il n’est pas adapté pour des ambassades et partenaires internationaux de s’en mêler à cœur joie.
Depuis octobre 2025, des groupes affiliés à Al-Qaida ont intensifié leurs attaques sur les convois de carburant, ciblant les citernes, les chauffeurs et les axes stratégiques reliant Sikasso, Bougouni et Bamako. Cette «guerre du carburant» vise à provoquer une pénurie généralisée, à affaiblir l’État et à créer un climat de panique économique.
Face à cette menace, les Forces armées maliennes ont lancé l’opération spéciale FUGA KÉNÉ, sous le commandement du Général Famouké Camara, pour sécuriser les corridors logistiques et rétablir les flux vitaux. Les résultats sont tangibles : les convois reprennent, les citernes circulent, et la pression terroriste recule.
Le blocus commercial : la suspension des services par des multinationales
Alors que l’État malien reprend le contrôle de ses routes, certaines multinationales ont choisi de suspendre leurs opérations, aggravant la crise au lieu de l’atténuer. Le 4 novembre 2025, MSC (Mediterranean Shipping Company), premier armateur mondial de transport de conteneurs, a annoncé la suspension de ses services à destination et en provenance du Mali. La société invoque «l’insécurité sur les axes routiers et la pénurie de carburant» comme motifs de retrait. Quelques jours plus tôt, Bolloré Logistics, acteur majeur du fret terrestre et maritime en Afrique de l’Ouest, a réduit ses opérations dans le corridor Abidjan–Bamako, évoquant des «risques opérationnels élevés» et des «perturbations logistiques persistantes».
Ces décisions, prises au moment même où le Mali renforce sa sécurité intérieure, soulèvent une question diplomatique majeure : pourquoi suspendre maintenant, alors que les efforts de stabilisation sont en cours ?
Une convergence d’effets : la mécanique de l’étranglement
Quand les groupes armés affiliés à Al-Qaida attaquent des citernes ciblées sur les routes, l’effet recherché est la pénurie de carburant, et par ricochet insécurité. Quand c’est MSC, Bolloré Logistics, CM. GMA qui suspendent des services logistiques, c’est la même pénurie de marchandises qui est recherchée pour paralyser l’économie.
Ce n’est plus une simple coïncidence. C’est une convergence d’effets qui a perturbé un tant soit peu le fonctionnement normal de notre économie. En refusant d’adapter leurs opérations à la réalité sécuritaire du terrain, ces multinationales deviennent des vecteurs indirects de déstabilisation.
Le Mali ne se résignera ni à la terreur, ni au chantage logistique. Il ne pliera pas devant les pressions diplomatiques ni devant les calculs économiques. Le peuple malien a choisi la voie de la souveraineté, et cette voie sera défendue.
La réponse sera stratégique. Le Mali Kura n’est pas une posture. C’est une ligne de front. Et sur cette ligne, chaque acteur – qu’il soit armé ou multinational – qui contribue à l’étranglement du pays sera considéré comme partie prenante d’une stratégie hostile.
Medy
Source : L’Aube
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