Ce plan vise à assister 3,8 millions de personnes sur les 5,1 millions jugées en situation de besoin critique. Le coût de l’opération est estimé à 577,9 millions de dollars.
Mais derrière ce chiffre se cache une réalité préoccupante : la chute des contributions internationales. En 2025, le Mali n’a reçu que 21% des fonds requis, soit le taux le plus faible depuis dix ans. Conséquence directe, les interventions humanitaires ont été recentrées sur 97 des 159 cercles du pays, dont 45 classés en sévérité aiguë. La réduction de plus de 20% du nombre de bénéficiaires ciblés entre 2025 et 2026 reflète une contrainte budgétaire, et non une amélioration de la situation.
Des conséquences humaines en cascade
Ce sous-financement annonce des répercussions dramatiques pour les populations vulnérables. Selon le PRH 2026, 913.000 personnes resteront sans abri ni biens essentiels ; 1,7 million seront privées d’accès à l’eau potable et à l’assainissement ; près d’un million d’enfants ne pourront aller à l’école. Sur le plan sanitaire et nutritionnel, 741.000 enfants de moins de cinq ans demeureront exposés à la malnutrition aiguë, tandis que 1,6 million de personnes se retrouveront sans protection sociale et autant confrontées à une insécurité sanitaire sévère. Enfin, 1,2 million de Maliens risquent de basculer dans l’insécurité alimentaire.
Hanaa Singer Hamdy, Coordonnatrice résidente des Nations Unies au Mali, a rappelé le caractère vital de l’aide humanitaire : «Pour des millions de personnes, ce n’est pas un choix, c’est une question de survie. Investir aujourd’hui, c’est prévenir des crises plus graves demain». Elle a plaidé pour des financements prévisibles, flexibles et rapides, tout en insistant sur la nécessité d’un accès humanitaire sûr et durable. Elle a également appelé à renforcer les synergies entre urgence, relèvement et développement, seule voie vers des solutions pérennes.
De son côté, la ministre de la Santé et du Développement social, Assa Badiallo Touré, a réaffirmé l’engagement des autorités en faveur des populations déplacées, réfugiées, retournées ou rapatriées. Elle a annoncé des mesures pour restaurer la paix, favoriser le retour dans les localités d’origine et renforcer la résilience face aux effets du changement climatique, désormais érigée en priorité nationale.
Les populations déplacées, priorité absolue du PRH 2026
Au cœur du plan demeurent les personnes déplacées de force, dont la situation reste alarmante : perte des moyens de subsistance, insécurité chronique, accès quasi nul aux services sociaux de base. Les acteurs humanitaires appellent à une mobilisation sans précédent pour garantir leur protection, leur accès aux droits essentiels et l’émergence de solutions dignes et durables. Faute de quoi, préviennent-ils, la crise malienne pourrait connaître une aggravation majeure.
Mohamed Sylla
Source: L’Aube
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