Projet de Loi de Finances 2026 : Entre souveraineté budgétaire et responsabilité nationale, le CNT trace la voie
Bamada.net-À Bamako, hier 8 décembre 2025, le Conseil national de Transition (CNT) a tourné une nouvelle page décisive dans la conduite des affaires publiques en adoptant la deuxième partie du Projet de Loi de Finances 2026. Avec ce vote unanime, après celui des équilibres généraux, les membres du CNT ont offert au pays un instrument budgétaire complet, cohérent et surtout porteur d’ambitions pour une année 2026 qui s’annonce charnière.
Référencé par Bamada.net, cet éditorial analyse les implications profondes de ce choix législatif qui engage la nation sur les plans économique, sécuritaire et institutionnel.
Un vote unanime aux allures de consensus national
Dans la salle Djeli Baba Sissoko du CICB, l’unanimité a parlé. Sous la présidence de l’honorable Malick Diaw, le CNT a donné son accord total au budget présenté par le ministre de l’Économie et des Finances, Alousséni Sanou.
Ce consensus, devenu rare dans de nombreuses démocraties modernes, n’est pas anodin : il souligne non seulement la qualité du travail préparatoire en commission, mais aussi la conviction des conseillers que ce projet de loi porte une vision claire et assumée.
Le Mali, dans une phase sensible de refondation institutionnelle, semble ainsi réaffirmer un principe essentiel : la transition n’est pas une parenthèse, mais un moment d’action structurante.
Et c’est précisément ce que reflète le PLF 2026.
Un budget de souveraineté et de développement assumé
Le ministre Sanou ne s’y est pas trompé en parlant de budget de souveraineté et de développement économique. Les chiffres, eux aussi, parlent d’eux-mêmes :
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Recettes : 3 058 milliards FCFA
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Dépenses : 3 578 milliards FCFA
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Déficit : 520 milliards FCFA, en recul de 10% par rapport à 2025
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Croissance attendue : 6,3%
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Inflation maîtrisée : 2,5%
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Déficit/PIB : 2,2%, mieux qu’en 2025
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Dette/PIB : 42,3%, conforme aux exigences de l’UEMOA
Ces indicateurs traduisent un cap assumé : maintenir la discipline budgétaire tout en continuant d’investir massivement dans les secteurs stratégiques.
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Le contexte géopolitique, les défis sécuritaires persistants, les mutations économiques imposent une gestion ferme mais flexible. Et dans ce domaine, le Mali semble afficher une maturité nouvelle.
La hausse des budgets institutionnels : un choix politique et stratégique
La loi de finances rectificative 2026, également adoptée à l’unanimité, introduit une hausse des budgets de plusieurs institutions clés :
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Présidence
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Primature
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CNT lui-même
Ce choix pourrait prêter à débat, mais il s’explique par un impératif de stabilité institutionnelle. Lorsque l’État se reconstruit, lorsque les réformes se multiplient, lorsque les négociations sécuritaires requièrent une présence politique renforcée, les institutions doivent être dotées de moyens.
L’augmentation des allocations est donc moins un privilège qu’un investissement dans le fonctionnement de l’appareil d’État.
134 programmes, 1048 indicateurs : la révolution de la gestion publique
Le PLF 2026 innove aussi par sa structuration. Avec 134 programmes et 92 budgets opérationnels, le Mali adopte pleinement la logique de performance initiée depuis quelques années.
Quatre ambitions se dégagent :
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Transparence
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Efficacité
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Mesurabilité des actions publiques
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Responsabilité dans l’exécution budgétaire
Les 1048 indicateurs d’évaluation montrent clairement une volonté d’en finir avec la gestion approximative pour entrer dans une culture du résultat.
À l’heure où les citoyens réclament des comptes, où chaque franc doit être justifié, cet effort est stratégique.

Sécurité, éducation, santé : les piliers d’un avenir maîtrisé
Le budget donne une place importante aux secteurs vitaux. Aucun développement n’est possible sans un minimum de stabilité sociale.
Ainsi, 2026 s’annonce comme une année où l’État investira davantage pour :
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Protéger le territoire et les populations
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Renforcer les écoles et universités
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Équiper les infrastructures sanitaires
Ces orientations s’appuient sur les recommandations issues :
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des Assises nationales de la Refondation,
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des États généraux,
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et du Dialogue inter-malien.
Le PLF 2026 n’est donc pas un document technocratique : il est l’aboutissement d’un vaste processus consultatif national.
Le Mali respecte les critères de convergence : un signal aux partenaires
L’un des éléments les plus marquants de ce budget 2026 est la conformité du Mali aux critères de convergence de l’UEMOA.
Dans un contexte où certaines économies africaines subissent les contrecoups de l’inflation mondiale, du ralentissement économique ou de la dette publique, le Mali envoie un message clair :
Le pays maîtrise ses fondamentaux et reste capable d’avancer malgré les turbulences.
Ce signal rassure les partenaires techniques, investisseurs potentiels et institutions régionales.
Un budget pour la continuité, mais aussi pour l’avenir
L’adoption du PLF 2026 est plus qu’un acte administratif. C’est un engagement politique, économique et social.
En votant à l’unanimité, le CNT dit au peuple malien :
« Nous continuons la reconstruction, nous assumons la rigueur, et nous protégeons notre souveraineté économique. »
Le gouvernement, désormais doté de l’instrument budgétaire nécessaire, porte la responsabilité d’en faire un levier de transformation réelle.
Les attentes sont nombreuses, les défis aussi, mais 2026 pourrait être l’année où le Mali confirme son redressement sur des bases plus solides.
Une transition qui se bâtit sur la cohérence
À travers ce vote, le CNT envoie un signal de cohésion dans un contexte où la transition est scrutée. La crédibilité du pays se joue aussi dans la maîtrise de ses ressources et dans la clarté de ses ambitions.
Le PLF 2026 incarne cette volonté de stabilité, de souveraineté et de projection vers l’avenir.
Pour Bamada.net, il s’agit d’un moment essentiel : celui d’une transition qui refuse l’improvisation et assume pleinement la construction d’un Mali nouveau.
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Fatoumata Bintou Y
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Source: Bamada.net
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