La fin de l’année 2025 s’est soldée avec une pénurie de carburant qui a secoué la capitale malienne et plusieurs régions du Mali. Cependant, la situation de l’approvisionnement en carburant connaît une amélioration progressive, notamment à Bamako.

Dans la capitale Bamako comme dans certaines villes de l’intérieur du pays, les stations-service sont de nouveau ravitaillées de manière plus régulière. Ce qui a mis fin aux scènes de files interminables et à la spéculation effrénée observées sur le marché parallèle. Cette accalmie, bien que salutaire appelle à une lecture nuancée.

Le quotidien des Maliens a profondément été affecté. Pour de nombreux ménages, l’accès au carburant était devenu difficile. Attendu que l’accès au travail, aux soins et à l’éducation y sont étroitement conditionnés. Les conséquences ont été multiples. Il s’agit entre autres de la hausse vertigineuse des coûts de transport, du ralentissement des activités économiques ainsi que de la perturbation des circuits commerciaux. Les secteurs du transport et du commerce ont été parmi les plus touchés.

L’amélioration observée ces derniers jours s’explique par une combinaison de facteurs. La reprise progressive des chaînes logistiques et la coordination entre les autorités et les opérateurs du secteur ont permis de donner espoir aux citoyens. Les efforts accrus de sécurisation des corridors d’approvisionnement ont tout autant été dissuasifs pour les forces du mal. Ces mesures ont permis un retour relatif du carburant dans les circuits officiels. Cela a contribué à freiner la flambée des prix pratiqués illicitement.

Par ailleurs, la pénurie a favorisé l’essor d’un marché informel de « l’or noir » au détriment des consommateurs. Certains citoyens, guidés par la quête du gain facile, ont contribué à l’aggravation de la situation. La vente clandestine à des prix largement supérieurs aux tarifs officiels s’est imposée comme une opportunité de profit pour certains. Il est vrai que le retour du carburant dans les stations contribue à faire reculer ces pratiques. Néanmoins, leur éradication durable nécessite un renforcement des mécanismes de contrôle et de régulation.

En outre, les pertes économiques subies durant la période de pénurie laissent des traces profondes, notamment chez les petites entreprises et les acteurs les plus vulnérables, pour qui la reprise s’annonce lente. Au-delà de la gestion immédiate de la crise, la question de la souveraineté énergétique du Mali s’impose. La dépendance quasi totale aux importations constitue un facteur de risque récurrent. L’accalmie actuelle devrait donc servir de point de départ à une réflexion sur le long terme. Il convient surtout de penser au renforcement des capacités de stockage.

L’amélioration de la crise du carburant au Mali est un bon signe en soi, même si la crise rappelle aussi l’urgence de réformes structurelles dans le secteur énergétique.

KD



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