Le Conseil malien des Transporteurs routiers (CMTR) a tenu, le 24 janvier 2026, sa 18ᵉ session ordinaire de l’Assemblée consulaire au Parc des expositions de Bamako, sous la présidence de la ministre des Transports et des Infrastructures, Mme Dembélé Madina Sissoko. Cette session statutaire a permis d’examiner le bilan de l’exercice 2025, d’adopter les orientations programmatiques et budgétaires pour 2026, tout en mettant en lumière les enjeux majeurs, les défis persistants et les perspectives du transport routier, dans un contexte national marqué par des crises sécuritaires, économiques et logistiques.
Dans son intervention, le président du CMTR, Youssouf Traoré a d’abord souligné le caractère stratégique du transport routier pour le fonctionnement de l’économie nationale, rappelant que l’année 2025 s’est déroulée dans un environnement particulièrement contraignant. Malgré cette situation, l’institution consulaire a assuré la continuité de ses missions, tant sur le plan institutionnel que sur celui de l’appui aux acteurs du secteur. La tenue régulière des instances statutaires et des réunions de coordination a permis, selon lui, de maintenir un cadre de gouvernance opérationnel.
Sur le plan financier, le président a présenté un niveau de mobilisation des ressources jugé globalement satisfaisant, avec un taux de réalisation des recettes supérieur à 95 %. Toutefois, il a identifié comme enjeu central la faiblesse persistante des cotisations obligatoires, pourtant prévues par les textes. Cette situation limite les marges de manœuvre de l’institution et pose la question de la pérennité de son modèle de financement. Les dépenses exécutées ont permis de préserver un équilibre budgétaire, tout en maintenant les actions sociales destinées à renforcer la solidarité au sein de la communauté des transporteurs.
L’un des défis majeurs évoqués reste l’impact de la crise sécuritaire sur le transport routier. Les attaques armées ont directement affecté les chauffeurs et les entreprises, transformant certains axes en zones à haut risque. Dans ce contexte, le CMTR a été régulièrement sollicité par les pouvoirs publics pour assurer des opérations de transport d’intérêt général. Ces interventions ont concerné notamment l’acheminement des hydrocarbures vers les régions du Nord, le soutien au transport urbain à Bamako lors de la crise du carburant, ainsi que la mise en œuvre d’un plan d’évacuation des conteneurs en souffrance au Port de Dakar. Ces actions traduisent le rôle du CMTR comme acteur de résilience dans un secteur vital pour la continuité économique.
Au titre des défis structurels, le président a abordé la question de la réglementation des véhicules hors normes et hors gabarit. Si ces mesures sont reconnues comme nécessaires pour la préservation du réseau routier, leur application soulève cependant des préoccupations au sein du secteur, notamment en l’absence de mesures d’accompagnement suffisantes. La fiscalité jugée pesante pour les entreprises de transport, ainsi que le déficit d’infrastructures adaptées, en particulier le manque de parkings pour gros porteurs dans le District de Bamako, figurent également parmi les contraintes majeures.
Face à ces défis, plusieurs perspectives ont été mises en avant. Le projet de parking pour camions gros porteurs de Diboli constitue l’un des chantiers structurants. Le président a annoncé le démarrage effectif des travaux du lot 2 en décembre 2025, tandis que le lot 1 est programmé dans le cadre du budget 2026. D’autres perspectives concernent la digitalisation des procédures de recouvrement des ressources, l’acquisition d’équipements techniques, ainsi que le renforcement des capacités des structures régionales du CMTR.
Réagissant à ces exposés, la ministre des Transports et des Infrastructures Mme Dembelé Madina Sissoko a salué les efforts accomplis, tout en rappelant les exigences légales et institutionnelles qui encadrent l’action du CMTR. Elle a notamment insisté sur le caractère obligatoire des cotisations, invitant les responsables de l’institution à faire preuve de plus de créativité et de proactivité pour améliorer leur recouvrement. Cette position traduit la volonté de l’État de consolider la gouvernance financière du secteur.
La ministre a également pris acte des projets inscrits au programme 2026, en particulier ceux relatifs aux infrastructures et à la modernisation des procédures. Elle a assuré qu’elle suivrait personnellement la réalisation du parking de Diboli, présenté comme un levier important pour l’organisation du transport routier et le développement des échanges.
Issa Djiguiba
Source : Le PAYS
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