Malgré un contexte marqué par de nombreux défis -sécuritaire, financier, climatique et économique, aussi bien au plan national qu’international- les responsables de la CMDT demeurent optimistes pour la prochaine campagne agricole. Et il y a de quoi.
La Compagnie malienne pour le développement des textiles a tenu la 106è session ordinaire de son Conseil d’administration, consacrée au budget 2026. Le Président Directeur général, Kouloumègué Dembélé, a expliqué que plusieurs zones de production sont aujourd’hui affectées par l’insécurité, ce qui entrave le bon déroulement des activités agricoles et industrielles. À ces difficultés s’ajoutent les tensions de trésorerie qui compliquent la mobilisation des ressources nécessaires à la conduite des opérations. Sur le plan international, la conjoncture reste également défavorable. La baisse des cours du coton pèse sur les recettes de la filière, tandis que la faiblesse du dollar face à l’euro constitue un handicap supplémentaire pour les exportations maliennes. À ces contraintes économiques s’ajoutent les effets des changements climatiques, marqués par des inondations, des poches de sécheresse et la prolifération d’insectes ravageurs, notamment les jassides, qui ont fortement affecté la campagne précédente.
Malgré ce contexte difficile, les responsables de la CMDT affichent leur optimisme pour la prochaine campagne agricole. Consciente des défis à relever, la société cotonnière a pris des mesures anticipatives afin d’améliorer les performances de la filière. Ainsi, les produits phytosanitaires contre les insectes ravageurs ont été mis à la disposition des producteurs avant même le début de la campagne. La question de la fertilité des sols et des retards dans la livraison des engrais, qui avaient pénalisé la campagne précédente, a également été anticipée. Les livraisons d’intrants ont déjà commencé, tout comme le paiement des producteurs, qui avait connu des retards importants l’année dernière.
Pour la campagne à venir, la CMDT prévoit un plan de culture de 630 000 hectares avec un rendement moyen attendu de 950 kg à l’hectare, contre un niveau nettement inférieur enregistré lors de la précédente campagne. Si ces objectifs sont atteints, la production pourrait avoisiner 650 000 tonnes de coton graine, voire davantage. Cette confiance repose également sur la résilience de la filière et sur la qualité du partenariat entre la CMDT, les producteurs et les différents acteurs économiques. Les fournisseurs d’intrants ont notamment bénéficié d’efforts financiers importants, avec le règlement de 45,15 milliards de FCFA sur une dette qui atteignait auparavant 38 milliards de FCFA, ne laissant qu’un reliquat d’environ 5 milliards de FCFA.
Des mesures pour consolider la relance
Les responsables de la CMDT ont salué l’accompagnement constant des autorités nationales ainsi que le soutien du système bancaire, qui permet aux fournisseurs d’honorer leurs engagements et d’assurer la disponibilité des intrants agricoles dans les délais requis.
Un message de reconnaissance a été adressé aux producteurs de coton, principaux acteurs de la filière, pour leur engagement malgré les difficultés des dernières campagnes. Les transporteurs, assureurs, courtiers et partenaires financiers ont également été remerciés pour leur contribution au fonctionnement du secteur coton, considéré comme un pilier de l’économie nationale.
En dépit des incertitudes conjoncturelles, les perspectives restent encourageantes. La CMDT entend poursuivre ses investissements afin d’assurer la durabilité de la filière. La société dispose actuellement de 18 usines d’égrenage, tandis qu’une nouvelle unité est en cours de construction.
Des investissements sont également prévus pour la modernisation des équipements industriels afin d’améliorer la qualité du coton graine. Par ailleurs, la CMDT ambitionne de réduire ses coûts de production en développant les énergies renouvelables, dans le cadre d’une transition progressive des installations thermiques vers des sources d’énergie plus propres et plus économiques.
Avec ces mesures, la CMDT espère consolider la relance de la filière coton et contribuer davantage au développement économique et social du Mali.
Par Drissa Togola
Source : Le Challenger
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