La scène est méconnaissable. Là où s’étendaient hier des files interminables, où l’attente se comptait en heures et parfois en journées, les stations-service de Bamako retrouvent une activité normale. Depuis quelques jours, l’approvisionnement se stabilise et la capitale respire enfin. Les automobilistes et les transporteurs, longtemps mis à rude épreuve, confessent un véritable soulagement.
Bamada.net-Cette amélioration nette n’a rien d’un hasard. Elle est le fruit d’une action coordonnée des autorités de la Transition et des structures chargées de l’approvisionnement national. Dans un contexte international incertain, marqué par des tensions sur les marchés, l’État malien a dû manœuvrer avec rigueur, discrétion et efficacité pour rétablir la situation.
Bamako, de l’angoisse à la fluidité
Dans plusieurs quartiers de la capitale, les citoyens observent un changement radical.
À Samè, Badialan, N’Tomikorobougou ou encore Bolibana, les files réduites et le service rapide surprennent même les habitués.
Un jeune homme rencontré à proximité d’une station-service résume l’état d’esprit général :
« Ces derniers temps, on craignait chaque jour de ne pas être servi. Aujourd’hui, on vient, on met du carburant et on repart. C’est un vrai changement. »
Une jeune dame à moto, habituée à des heures d’attente, confie son étonnement de pouvoir se ravitailler en quelques minutes.
Ce contraste suffit à mesurer l’ampleur du retour à la normale.
L’intérieur du pays n’est pas en reste
Au-delà de Bamako, le souffle nouveau atteint progressivement les régions.
À Mopti, où certaines activités étaient paralysées, la reprise de la distribution a permis de décrisper l’atmosphère. Plusieurs stations ont recommencé à servir régulièrement, même si quelques points restent encore prudents dans leurs ouvertures.
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À Koutiala, Bafoulabé, Oussoubidiagna et d’autres localités, les populations constatent elles aussi une nette évolution.
Le sentiment partagé est celui d’une crise qui recule, même si la vigilance reste nécessaire.
Une mobilisation de l’État qui rassure
Durant cette période tendue, l’État a dû renforcer les contrôles, sécuriser les corridors d’approvisionnement et lutter contre les circuits parallèles qui alimentaient la spéculation.
Les forces de sécurité, particulièrement sollicitées, ont assuré l’escorte des convois et protégé les opérations de distribution.
Dans l’ombre, les services techniques ont multiplié les efforts : gestion des stocks, suivi des livraisons, régulation des volumes distribués, mesures d’urgence dans les zones les plus touchées.
Cette chaîne d’action, qui ne s’improvise pas, a permis de rétablir progressivement la fluidité dans les stations.
Ce retour à la normale démontre que l’appareil d’État reste opérationnel, attentif et capable de répondre à une crise majeure sans céder à la désorganisation.
Une transition qui montre sa capacité de gestion
Si la pénurie a révélé certaines fragilités, elle a surtout mis en lumière la capacité de réaction des autorités. Le rétablissement observé aujourd’hui est la preuve que les services publics, les forces de défense, les autorités administratives et les opérateurs économiques peuvent agir de concert lorsque l’intérêt national l’exige.
Pour les populations, l’essentiel est là : retrouver un carburant accessible, reprendre les activités et tourner la page de plusieurs semaines d’inquiétude.
La phrase que l’on entendait dans les stations pour annoncer la rupture – « c’est fini » – prend aujourd’hui une tout autre signification : cette fois, elle marque la fin d’une crise qui aura rappelé l’importance d’un État vigilant et déterminé.
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Fatoumata Bintou Y
Source: Bamada.net
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