Le processus budgétaire 2027 a été lancé le 26 février 2026 à Bamako. Les autorités mettent en avant une amélioration des indicateurs macroéconomiques et une trajectoire budgétaire marquée par la consolidation des finances publiques.

Le ministre de l’Économie et des Finances, Alousséni Sanou, a procédé, ce jeudi, au lancement des travaux du processus budgétaire 2027. Environ 400 experts, membres de la société civile, partenaires techniques et financiers ainsi que des représentants des autorités administratives prennent part aux échanges consacrés aux enjeux du budget 2027. Cette démarche vise à renforcer la participation au processus d’élaboration budgétaire.

Depuis 2018 et la mise en œuvre du budget-programme, le lancement des travaux du processus budgétaire réunit chaque année les acteurs dans une dynamique visant une participation élargie à l’élaboration du budget.

Selon le ministre des Finances, le contexte demeure globalement favorable, caractérisé par une amélioration de la situation sécuritaire et politique malgré les défis persistants. Les indicateurs macroéconomiques du pays affichent des perspectives encourageantes. Le taux de croissance, estimé à 5,6 % en 2025, devrait s’accélérer pour atteindre 6,3 % en 2026 puis 6,7 % en 2027. L’inflation devrait se maintenir en dessous de la norme communautaire.

La mobilisation des recettes fiscales s’est établie à 14,2 % du PIB, contre une prévision de 13,4 %. L’exécution des dépenses est restée contenue dans les limites prévues, représentant 20,9 % du PIB. Le déficit budgétaire s’est établi à 1,5 % du PIB, contre une prévision de 2,7 %, traduisant une amélioration des équilibres financiers. Ces résultats sont attribués aux efforts d’assainissement des finances publiques. La balance des paiements devrait enregistrer un excédent de 49,9 milliards de FCFA en 2025, bien qu’inférieur aux 341 milliards de FCFA enregistrés en 2024.

L’exercice 2026 a, selon le ministre, démarré dans une dynamique positive. Le gouvernement entend poursuivre les efforts d’amélioration de la mobilisation des recettes intérieures et de rationalisation des dépenses.

Dans un environnement marqué par un déficit prévisionnel de 2,7 %, les autorités estiment que celui-ci ne devrait pas compromettre les acquis en matière de sécurité ni les efforts d’amélioration des infrastructures sociales.

Investissements et contrôle

Deux thèmes sont au centre de la conférence de lancement du processus budgétaire. D’une part, les projets structurants, considérés comme des investissements stratégiques pour assurer un développement inclusif conforme à la Vision Mali 2063. D’autre part, le contrôle de l’effectivité des prestations liées aux dépenses publiques.

Les orientations de la politique budgétaire 2026, le cadrage 2027, le calendrier de préparation du budget 2027 ainsi que les réformes en cours, notamment la digitalisation des procédures, figurent également parmi les sujets examinés.

La conférence se tient dans un contexte marqué par des pressions sur le système d’approvisionnement et des actes de sabotage d’unités industrielles.

Par ailleurs, les objectifs de l’année 2027 s’inscrivent dans un environnement international caractérisé par des tensions géopolitiques et un climat d’incertitude. Dans la sous-région, la crise sécuritaire demeure au cœur des préoccupations, conduisant les autorités à orienter prioritairement leurs actions vers la sécurisation. La création de l’AES, notamment la banque confédérale d’investissement, est présentée comme un signal en faveur de la prise en compte de l’aspect développement. Au plan national, la poursuite de l’application du pacte de stabilité est considérée comme un cadre de référence pour préserver les équilibres.

Résilience

Sur les cinq dernières années, l’économie malienne a affiché une progression régulière du taux de croissance, passant de 3,5 % en 2022 à 6,3 % attendus en 2026. L’inflation est restée globalement maîtrisée en dessous de la norme communautaire de 3 %. Le taux d’endettement est passé de 54 % en 2022 à 43 % projeté en 2026, en deçà du plafond communautaire de 70 %.

En ce qui concerne le déficit, il s’est établi à 1,5 % en 2025, contre une prévision initiale de 2,5 %.

Défis

L’année 2025 a été marquée par la recherche de nouvelles sources de financement et par des contraintes sur les voies d’approvisionnement du pays, nécessitant des efforts soutenus pour garantir la régularité des flux.

À l’analyse provisoire de l’exécution du budget 2025, les recettes ont atteint 105,7 % des objectifs, notamment grâce aux réformes engagées dans le secteur minier. Les dépenses ont été exécutées à hauteur de 96 %.

Le taux de pression fiscale s’est établi à 14,2 % en 2025, contre 13,4 % en 2024.

En perspective, l’élargissement de l’assiette fiscale concernera notamment le secteur foncier.

En lien avec la Vision 2063, le budget devrait créer les conditions nécessaires à l’accélération de la transformation structurelle à travers des secteurs clés tels que l’éducation, la santé et l’emploi des jeunes et des femmes. Les partenaires techniques et financiers ont réitéré leur soutien, tout en soulignant la nécessité de poursuivre les efforts de rationalisation du secteur informel afin d’accroître sa contribution aux recettes intérieures.



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