Le 3 novembre 2025 restera gravé comme une date historique dans l’épopée industrielle du Mali. Ce jour-là, à Bougouni, au cœur du Wassoulou, le président de la Transition, Son Excellence le Général d’armée Assimi GOÏTA, a inauguré la deuxième mine de lithium du pays, exploitée par Les Mines de Lithium de Bougouni SA (LMLB SA), en partenariat stratégique avec Kodal Mining UK Ltd, Hainan Mining Co. Ltd (filiale du groupe chinois Fosun), l’État malien et des investisseurs locaux.
Une cérémonie hautement symbolique, qui dépasse le simple acte économique : elle consacre la marche résolue du Mali vers la souveraineté économique et énergétique.
Le lithium, moteur du “Mali Kura”
Bamada.net-Dans son allocution, le Président GOÏTA a replacé cet événement dans le cadre plus vaste de la vision du Mali Kura, celle d’un pays maître de son destin et de ses ressources.
« C’est la deuxième usine de lithium à Bougouni après Goulamina. C’est une chance pour Bougouni, mais aussi pour tout le Mali », a-t-il déclaré, rappelant que les ressources minières doivent désormais profiter d’abord aux Maliens.
L’exploitation de Bougouni s’ajoute à celle de Goulamina, première du genre, et positionne désormais le Mali parmi les grands producteurs africains de lithium, métal stratégique indispensable aux batteries électriques, à la transition énergétique mondiale et à la révolution technologique.
Avec la mise en service de cette nouvelle mine, le pays ambitionne de produire près de 590 000 tonnes de lithium dès 2026, confirmant ainsi sa vocation de nouvelle puissance minière régionale.
Un partenariat équilibré et souverain
Ce projet, évalué à 65 millions de dollars d’investissement initial (environ 36 milliards de FCFA), est le fruit d’une collaboration inédite entre des acteurs étrangers et l’État malien, qui détient 35 % du capital, aux côtés d’investisseurs nationaux.
Cette répartition démontre une volonté claire : le Mali ne brade plus ses ressources, il en tire désormais profit pour financer son propre développement.
Le président de Kodal Mining UK Ltd, M. Teng David Lei, a d’ailleurs salué cette orientation :
« Nous partageons avec le Mali une même ambition : faire du lithium de Bougouni un moteur de croissance et un exemple de partenariat équilibré entre investisseurs étrangers et État souverain. »
Ce modèle de gouvernance minière incarne le virage stratégique engagé par Bamako depuis 2021 : maîtriser la chaîne de valeur, imposer un contenu local obligatoire, et garantir que les richesses du sous-sol profitent directement aux communautés.
Des retombées économiques concrètes
Selon les estimations officielles, la mine de Bougouni générera plus de 230 milliards de FCFA de revenus directs pour l’État malien sur sa durée de vie, à travers les dividendes, les impôts et les redevances minières.
L’impact local est déjà visible : 500 emplois créés dans la première phase, 800 prévus à terme, et 24 milliards de FCFA injectés dans l’économie nationale via l’achat de biens et services locaux.
De plus, près de 317 millions de FCFA ont déjà été consacrés aux projets communautaires : construction d’écoles, d’infrastructures sanitaires, forages, routes, électrification et formation des jeunes dans les métiers miniers.
Le Président GOÏTA a d’ailleurs annoncé la création d’un Fonds d’investissement local pour appuyer la formation professionnelle, la sécurité et la promotion des compétences dans les zones minières.
« Nous devons faire en sorte que cette mine profite d’abord à Bougouni, puis au Mali tout entier », a-t-il insisté.
Un discours fort sur la souveraineté et la résilience
Au-delà de l’économie, le Président de la Transition a profité de cette tribune pour délivrer un message fort sur la résilience du Mali face aux crises multiples.
« Ils pensaient que le Mali allait tomber en deux semaines », a-t-il lancé, en référence aux tentatives de déstabilisation et aux pressions étrangères.
Il a salué la bravoure des Forces Armées Maliennes (FAMa) et le soutien indéfectible des populations qui, malgré la guerre psychologique, continuent de défendre l’honneur et la dignité de la nation.
« Notre victoire dépend non seulement de nos forces de défense, mais aussi de l’unité et de la vigilance de chaque Malien », a-t-il martelé.
Ce ton offensif traduit la ligne constante de la Transition : l’indépendance nationale avant tout, qu’elle soit militaire, politique ou économique.
Dialogue, développement et proximité
En marge de la cérémonie, le Chef de l’État a rencontré les autorités coutumières, religieuses et administratives de Bougouni.
Ce moment d’échange, empreint de simplicité et d’écoute, s’inscrit dans la logique de gouvernance de proximité chère au Président GOÏTA : dialoguer avec les forces vives, comprendre les réalités locales et bâtir ensemble les solutions.
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Le Gouverneur de la région, le Général de Brigade Ousmane WÉLÉ, a exprimé la reconnaissance des populations pour les nombreuses réalisations initiées sous la Transition :
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le camp du 82e Régiment blindé de Bougouni,
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la grande mosquée,
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la centrale solaire de Tiakadougou-Dialakoro,
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les projets d’eau et d’équipements médicaux dans le cadre des œuvres sociales du Chef de l’État.
Il a cependant plaidé pour la poursuite du bitumage de la route Bougouni–Garalo–frontière Côte d’Ivoire et la réhabilitation du stade Moussa DIAKITÉ, symboles d’un développement équilibré et durable.
Le Mali, un futur hub africain du lithium
L’ambition est claire : transformer le Mali en pôle africain du lithium, capable non seulement d’exporter le minerai, mais aussi de développer à terme une industrie locale de transformation.
Le Ministre des Mines a rappelé que 121 titres miniers ont été annulés pour assainir le secteur et restaurer la crédibilité de l’administration.
« Le désordre est terminé. Nous avançons vers une gestion transparente, responsable et patriote de nos ressources », a-t-il assuré.
Cette nouvelle mine, conjuguée à la montée en puissance de celle de Goulamina, devrait faire du Mali le premier producteur de lithium en Afrique dès 2026, devant le Zimbabwe et la République Démocratique du Congo.
Bougouni, symbole du renouveau national
En refermant cette journée historique, le Chef de l’État a rappelé que la prospérité ne naît pas seulement du sol, mais de la volonté collective.
Le lithium de Bougouni n’est pas qu’un minerai : c’est le symbole d’un Mali qui croit en lui-même, d’un peuple qui choisit la production plutôt que la dépendance, la dignité plutôt que la résignation.
« Chaque projet, chaque investissement, chaque réforme n’a de sens que s’il améliore concrètement la vie des Maliens », a conclu le Président GOÏTA sous les applaudissements nourris de la foule.
Avec cette inauguration, le Mali tourne une nouvelle page de son histoire. Bougouni, autrefois connue pour son coton et sa musique, devient désormais le cœur battant du Mali industriel.
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Ladji Djiga Sidibé
Source: Bamada.net
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